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Comment bâtir une pièce de théâtre sur un sujet aussi tabou que l'était celui de la mort dans les années soixante ? Ionesco relève le défi en dévoilant les effets visibles et obscurs de la conscience de la mort sur l'être humain et son comportement.  Visibles d'abord et communautaires depuis que la mort a été confisquée par la science médicale qui en dépiste les premiers symptômes et en contrôle l'évolution. L'entourage du roi Bérenger est informé avant l'intéressé de son état par le diagnostic du médecin sur lequel les avis sont partagés. Marguerite, sa première épouse, lui accorde foi tandis que Marie, sa seconde épouse, table sur une guérison possible. Quant au roi pris entre deux feux, il cède peu à peu à l'influence délétère de Marguerite garantie par l'autorité médicale alors qu'il aurait préféré continuer d'exercer son pouvoir sans se poser de questions.  Nous pouvons nous demander quelle est la meilleure attitude : s'en remettre entièrement au médecin et acquérir une connaissance implacable des progrès et des rémissions de notre maladie ; ou bien vivre sans se préoccuper outre mesure de notre santé tant que notre organisme ne nous alerte pas de lui-même sur les maux dont nous souffrons. Il semblerait que le verdict du médecin et la tutelle de Marguerite n'aient fait qu'appesantir la condition du roi en l'obligeant à anticiper sa mort alors que l'ignorance lui aurait épargné bien des souffrances morales avant d'en arriver à une sénilité identique. Bérenger serait-il devenu plus sage s'il avait admis sa finitude et songé à son legs à la postérité ?  La préparation à la mort recommandée n'aurait pu lui éviter de retomber en enfance.

« Le roi se meurt » (1962) : Eugène Ionesco

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Le texte à caractère pamphlétaire d'Edith Wharton va à contre-courant des idées reçues. Sans remettre en question les bienfaits de la diffusion des connaissances , elle met en garde contre leur vulgarisation excessive et leur dépréciation conduisant à une dilapidation de notre héritage culturel. 

Dessin de presse satirique quotidien réalisé par le caricaturiste québécois Yannick Lemay, connu sous le pseudonyme d'Ygreck, publié dans le journal de Québec

Dessin de presse satirique quotidien réalisé par le caricaturiste québécois Yannick Lemay, connu sous le pseudonyme d'Ygreck, publié dans le journal de Québec

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L'ombre du comte Adam Petöfi s'imposa à Franziska après son suicide car elle ne put se défaire de l'emprise que sa générosité et ses manières avaient acquises sur elle. la comédienne avait complètement assimilé son rôle de comtesse et elle demeura fidèle à sa mémoire, le jeune comte ne pouvant rivaliser avec la stature de son oncle. 

« Le comte Petöfi » (1884) : roman de Theodor Fontane (1819-1898)

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Le combat intérieur auquel se livre Cécile pour retrouver l'estime d'elle-même se heurte à l'incompréhension du seul homme qui aurait pu la guérir de son mal grâce à une amitié désintéressée. Désavouée dans ses aspirations les plus nobles par la résurgence de son passé exhumé par Gordon-Leslie qui ne lui voulait que du bien, elle choisit de mourir.

"Petite conversation"_ Karl the Elder Schweninger, 1887_ huile sur toile

"Petite conversation"_ Karl the Elder Schweninger, 1887_ huile sur toile

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Pedro Almodovar oblige les spectateurs à une gymnastique mentale en brouillant les frontières entre la réalité et la fiction. C'est ainsi que trois plans se superposent et s'enchevêtrent. Celui du cinéaste, comparable à un oeil omniscient qui se tient derrière l'objectif; celui de Raúl Durán qui cherche l'inspiration pour son scénario et représente le premier niveau de la fiction, à savoir l'autofiction ou le récit de l'élaboration d'un scénario ; ce niveau oriente la caméra sur le réalisateur. Enfin le plan de la protagoniste Elsa dans lequel la caméra est orientée sur l'histoire proprement dite, résultat d'une transposition d'éléments empruntés à la vie ordinaire du réalisateur. Une oeuvre ne pouvant jamais être le fruit de la pure imagination.  Il s'agit donc d'une réflexion sur les conditions de production d'un film.

"Cinéastes et peintres : regards d'auteurs", repéré dans le site institutionnel de la BnF

"Cinéastes et peintres : regards d'auteurs", repéré dans le site institutionnel de la BnF

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La frontière entre la raison et la folie est parfois difficile à cerner.  D'après le docteur Pardon, le médecin de Maigret, les théories psychiatriques accroissent encore la complexité de cette distinction. Aussi le commissaire préfère-t-il se référer aux seuls instruments fournis par l'observation des intérêts et des passions aux prises sur le terrain. Devant le comportement incompréhensible de Xavier Martin, Maigret se sentit néanmoins obligé de consulter de tels manuels pour y trouver les symptômes qui s'appliquaient à la personnalité de son client. 

Maquette de train électrique

Maquette de train électrique

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Simenon nous décrit un Maigret culpabilisé par la mort de Cécile dont il n'avait pas pris le témoignage au sérieux. Il l'avait ignorée alors qu'elle se présentait chaque jour au Quai des Orfèvres pour solliciter une nouvelle audience du commissaire.

"Vieille femme au lit", 1906, Michael Peter Ancher, Statens Museum for Kunst de Copenhague

"Vieille femme au lit", 1906, Michael Peter Ancher, Statens Museum for Kunst de Copenhague

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A peine installée dans la villa de l'épouse du ministre Falk, prix onéreux de son mariage avec Jörgen Tesman, Hedda reçut la visite de madame Elvsted qui allait devenir sa rivale. Elle feignit une indéfectible amitié pour obtenir des renseignements sur un camarade de jeunesse qu'elle croyait à tort oublié. Sa nouvelle maison qui aurait dû l'enthousiasmer répandait un parfum funèbre sous la profusion des fleurs. Ses manières affables dissimulaient une nature insoumise mais son souci du décorum l'empêchait de transiger avec son mépris des conventions. Le refus de la féminité comme celui de la maternité caractérise Hedda qui ne cherche pas à plaire. L'ennui mortel dont elle souffre provient d'elle-même, de son incapacité à vivre. "Du courage ! Ah oui ! Si on en avait !... Peut-être alors pourrait-on supporter la vie", dit-elle pour elle-même à l'acte deux, en réponse à l'éloge que Lövborg faisait de Thea.

Munch Edvard, Hedda Gabler, gouache sur carton, 1906-1907, Munch Museum

Munch Edvard, Hedda Gabler, gouache sur carton, 1906-1907, Munch Museum

Caspar Ritter (peintre suisse) , la Vengeresse, 1903

Caspar Ritter (peintre suisse) , la Vengeresse, 1903

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A demi-mot, Dostoïevski décrit l’éveil des sens d'un petit garçon, à l'âge où les femmes ne l'intéressent pas encore mais lui inspirent plutôt de la crainte et de l'aversion. Loin de se laisser subjuguer par les marques d'intérêt d'une incorrigible coquette, il est attiré par son contraire, une cousine qui se tient dans son ombre. L’effronterie du « bourreau des cœurs » le dérange et lui déplaît.

Cavalier sur un cheval cabré, Eugène Delacroix, Département des arts graphiques du Louvre

Cavalier sur un cheval cabré, Eugène Delacroix, Département des arts graphiques du Louvre

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A la manière des autoportraits d'artistes, Pedro Almodovar se livre à une expérience d'autobiographie filmique articulée sur la crise du milieu de vie. Immobilisé dans cette impasse, l'acteur principal cherche, dans une sorte de compte à rebours, à puiser dans son passé les sources d'eau vive lui permettant de renouer le fil brisé de son existence. Le public prend une part active à la reconstitution de ce puzzle pour raccorder des plans-séquences désarticulés comme des lambeaux de vie.

Lucian Freud, Self-portrait, 2002

Lucian Freud, Self-portrait, 2002

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"Littérature : Balzac, Simenon, Tolstoï, résumé de lectures"

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